COP 28 A DUBAÏ : ADOPTION DU FONDS "PERTES ET DOMMAGES"
Consacré à la réparation des catastrophes climatiques, le fonds "pertes et dommages" a été adopté à la surprise générale dès l'ouverture de la COP 28 à Dubaï.
Milliards ou millions ?
Reste à savoir de combien sera doté ce fonds, provisoirement accueilli par la Banque mondiale, contre l'avis initial des pays en développement. Les premières promesses ont commencé à pleuvoir: 225 millions d'euros pour l'Union européenne (dont 100 millions de dollars annoncés par l'Allemagne), 100 millions de dollars pour les Emirats, 10 millions de dollars pour le Japon, 17,5 millions pour les Etats-Unis, jusqu'à 40 millions de livres (environ 50 millions de dollars) pour le Royaume-Uni...
Cette adoption dès le premier jour libérerait les délégués pour qu'ils se concentrent sur les autres batailles à l'ordre du jour, à commencer par les énergies fossiles.
Egalement directeur général de la compagnie pétrolière nationale Adnoc, Sultan Al Jaber, a mis les pieds dans le plat en appellant à mentionner "le rôle des combustibles fossiles" dans tout accord final, alors qu'il est sous le feu des critiques après la publication par la BBC et le Centre for Climate Reporting de notes internes de préparation de réunions officielles qui énumèrent des arguments pour la promotion des projets d'Adnoc à l'étranger. Il a rejeté ces accusations mercredi.
Le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell, s'est montré encore plus direct: "si nous ne donnons pas le signal de la phase terminale de l'ère fossile telle que nous la connaissons, nous préparons notre propre déclin terminal".
Au même moment, l'Organisation météorologique mondiale confirmait que l'année 2023 devrait être la plus chaude jamais enregistrée, avec "une cacophonie assourdissante de records battus."
- Ombre du conflit Israël-Hamas -
Plus de 97.000 personnes (délégations, médias, ONG, lobbys, organisateurs, techniciens...) sont accréditées, deux fois plus que l'an dernier, et environ 180 chefs d'Etats et de gouvernements sont attendus selon les organisateurs d'ici le 12 décembre, fin théorique de la conférence.
Le pape François, grippé, a annulé sa venue, mais plus de 140 dirigeants défileront à la tribune vendredi et samedi, après la journée cérémonielle d'ouverture jeudi, pour des discours de quelques minutes censés donner une impulsion politique aux négociations byzantines qui occuperont les délégations pendant deux semaines.
Le roi Charles III s'exprimera vendredi en ouverture de ce sommet de dirigeants, sans le président américain Joe Biden, remplacé par sa vice-présidente Kamala Harris, ni son homologue chinois, Xi Jinping.
Le président israélien Isaac Herzog profitera de l'occasion pour mener une série de réunions diplomatiques destinées à faire libérer d'autres otages détenus par le Hamas, ont indiqué ses services.
Il pourrait même croiser le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, car ils sont inscrits pour s'exprimer à quelques minutes d'intervalle vendredi.
Sur le front climatique, les Emiratis préparent un déluge inaugural d'engagements volontaires d'Etats pour, par exemple, tripler les renouvelables d'ici 2030 ou doper les aides financières des pays riches vers les plus vulnérables.
Sources Africanew, Ouest France,
Edouard SEDDOH

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